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Japon-Sanae Takaichi confrontée aux investisseurs obligataires à l'approche des élections de dimanche
information fournie par Reuters 02/02/2026 à 12:18

par Kevin Buckland

La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, fait face à un test crucial sur les marchés à l'approche de l'élection législative anticipée prévue dimanche, où elle espère qu'une victoire décisive lui donnera le mandat nécessaire pour mener une politique budgétaire expansionniste.

Le ministère des Finances procédera jeudi, trois jours avant l'ouverture des urnes, à une adjudication de dette d'environ 700 milliards de yens (3,79 milliards d'euros) en obligations à 30 ans.

Cette échéance est très sensible aux préoccupations concernant l'assouplissement des restrictions budgétaires, comme l'a démontré la réaction des investisseurs lorsque, le mois dernier, la Première ministre a promis de suspendre pendant deux ans une taxe de 8% sur les produits alimentaires.

Les adjudications d'obligations sont un moment particulièrement délicat pour les investisseurs, inquiets de l'état des finances du Japon, dont la dette publique s'élève à environ 230% du produit intérieur brut (PIB), soit le niveau le plus élevé des pays développés.

Les rendements ont atteint de nouveaux records lors de quatre des cinq dernières ventes d'obligations à 30 ans, soit à l'approche des résultats des adjudications, soit immédiatement après.

Cela inclut la forte correction du 7 octobre dernier, seulement trois jours après que Sanae Takaichi, réputée partisane d'une politique budgétaire accommodante, a été élue à la présidence du Parti libéral démocrate au pouvoir, ce qui la plaçait en position de devenir Première ministre.

Les rendements obligataires évoluent à l'inverse des prix.

"Cette adjudication sert essentiellement de référendum sur la façon dont les investisseurs perçoivent les risques budgétaires liés aux élections", a déclaré Shoki Omori, stratège chez Mizuho Securities.

"Je dirais que la demande lors de l'adjudication sera probablement faible, car les investisseurs vont se montrer prudents. Et ils ont raison de l'être", a-t-il ajouté, suggérant que les rendements pourraient grimper après l'adjudication.

Ces inquiétudes se reflètent dans la prime de terme, c'est-à-dire la compensation exigée par les investisseurs pour détenir des obligations sur une plus longue période.

Shoki Omori estime la prime de terme à 30 ans à 2,8 points de pourcentage, soit "bien plus élevée" que le 1,6 point de pourcentage correspondant aux obligations à 10 ans.

Jeudi marquera par ailleurs la première vente de titres à 30 ans depuis que Sanae Takaichi a convoqué le 19 janvier dernier des élections anticipées et promis la suspension de la taxe sur les ventes de produits alimentaires.

De plus, les marchés obligataires pourraient se montrer nerveux après la publication des derniers sondages dans la presse, qui suggèrent que le parti de la Première ministre est sur le point de remporter une victoire écrasante dimanche.

L'adjudication d'obligations à 10 ans prévu mardi donnera également une indication de l'appétit des investisseurs pour la dette publique japonaise, même si cette échéance est plus liquide et attire un éventail plus large d'investisseurs, ce qui la rend généralement moins volatile.

Le rendement de référence des obligations d'État japonaises à 30 ans JP30YT=RR a oscillé autour de 3,64% ce lundi, en baisse par rapport au niveau record de 3,87% atteint le 20 janvier, mais toujours en hausse d'environ un demi-point de pourcentage par rapport à son niveau du début du mois d'octobre.

Le marché obligataire souverain japonais est financé majoritairement par des investisseurs nationaux et ne court pas de risque réel de fuite des capitaux.

Cependant, les comptes offshore, principalement des hedge funds, jouent un rôle plus important dans les obligations japonaises à plus long terme, exacerbant la volatilité d'un marché historiquement docile, car ils comblent le vide laissé par les acheteurs traditionnels tels que les assureurs vie et les fonds de pension.

Les investisseurs étrangers ont représenté environ 46% des transactions sur les obligations d'État japonaises à très long terme en décembre dernier, selon les dernières données de la Japan Securities Dealers Association, contre 13% un an plus tôt.

"À très long terme, ce ne sont pas de vrais investisseurs qui sont présents. C'est de l'argent rapide", déclare Chris Scicluna, directeur de la recherche chez Daiwa Capital Markets Europe, ajoutant que la baisse persistante des prix maintenait à l'écart les investisseurs japonais qui achètent et conservent leurs titres.

"Lorsque l'on constate une telle volatilité, on ne veut pas être celui qui tente d'attraper un couteau qui tombe", dit-il.

(Kevin Buckland, avec la contribution de Rocky Swift ; version française Diana Mandia ; édité par Augustin Turpin)

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